Congrès des FDF : "Agir pour que l’avenir vous appartienne"

Le dimanche 9 février 2014 Bookmark and Share

Woluwe-Saint-Lambert

Le dimanche 9 février 2014

Le dimanche 9 février 2014, en présence de plus de 650 candidats et militants, les FDF ont tenu leur 1er congrès de la campagne électorale 2014. L’occasion de présenter les propositions phares des FDF en matières socio-économiques, qui s’inscrivent dans l’esprit libéral-social du parti.

C’est Michael Vossaert, porte parole des Jeunes FDF, qui, accompagné de quelques quarante jeunes, ouvrit le Congrès par la déclaration d’engagement des JFDF pour la campagne à venir. L’occasion pour les jeunes amarantes d’exprimer aussi leur confiance en l’avenir des wallons et des bruxellois.

Après ce discours d’ouverture, vint la présentation au public des têtes de listes et candidats FDF aux élections de 2014. Un accueil tout particulier fut porté à Christian Van Eyken, tête de liste UF, candidat FDF au Parlement flamand.

L’assemblée eut ensuite l’opportunité de découvrir les propositions phares des FDF dans les matières socio-économiques, présentées par quelques-uns de nos experts :

- Christophe Verbist et Hugues Lannoy, pour les enjeux wallons ;
- Caroline Persoons et Emmanuel De Bock pour les enjeux bruxellois ;
- Véronique Caprasse et Eric Libert pour les enjeux en périphérie ;
- Fatoumata Sidibé et Michel Colson pour les priorités sur le plan social ;
- Vincent Granville et Bernard Clerfayt pour les priorités en matières économiques et fiscales.

Découvrez les propositions des FDF en matières socio-économiques :

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Nos 86 propositions en matières socio-économiques

Toutes les photos sont disponibles ici

Cette belle matinée se clôtura par les discours de Cristina Coteanu, tête de liste à l’Europe, Patrick Piérart, tête de liste en Hainaut, Didier Gosuin, tête de liste à la Région bruxelloise et, bien sûr, Olivier Maingain, tête de liste au fédéral (Bruxelles 25 communes).


Découvrez ci-dessous le discours tenu par Olivier Maingain en cette occasion :


Discours d’Olivier Maingain, président

Mesdames, Messieurs,
Chères amies, chers amis,

Notre parti fêtera, le 11 mai prochain, son 50ème anniversaire. Au moment de sa création, certains observateurs s’étaient livrés au pronostic hasardeux de sa durée de vie probable. A les croire, un parti appelé à disparaître car trop indépendant des piliers traditionnels de la société belge pour avoir une chance de se maintenir dans le paysage politique. Les faits ont démenti leur prévision.

Les Fédéralistes démocrates francophones ont encore un bel avenir devant eux car la lucidité de nos analyses, la cohérence de nos engagements et le respect de nos convictions entraînent la confiance d’un nombre croissant de Wallons et de Bruxellois. Notre parti peut retrouver sa pleine influence dans le débat politique car il représente une force de renouveau face aux partis qui se partagent le pouvoir depuis tant et tant d’années.

Entre une gauche figée, le PS qui s’est accaparé les leviers du pouvoir d’une manière éhontée et une droite conservatrice, le MR qui se réfugie dans la confiance aveugle au marché, il y a une troisième voie : le libéralisme social que les FDF incarnent tant à Bruxelles et sa périphérie qu’en Wallonie.

A chaque élection, PS et MR se livrent au jeu caricatural de la surenchère de propos et de la musculation de petits bras. Et pourtant, ils partagent le pouvoir sans discontinuer depuis 15 ans mais, à la veille de chaque scrutin, chaque parti laisse entendre à ses électeurs que s’il est le plus fort, il pourra barrer l’accès du pouvoir à son rival. Nous en avons été les témoins privilégiés, du temps de notre vie commune au MR et nous pouvons attester qu’à l’exception de la tentative de déplacer le centre de gravité en 2007, la seule préoccupation de la plupart des dirigeants du MR, c’est d’être au pouvoir et avec le PS de préférence car le principe de réalité l’emporte sur les convictions.

C’est dire que l’affrontement, prétendument idéologique, entre ces deux formations politiques n’est qu’un jeu de rôle qui ne trompe que ceux qui veulent bien y prêter attention et y donner crédit.

Le bilan du gouvernement de Monsieur Di Rupo donne la bonne mesure de l’insuffisance des politiques économiques voulues par le PS et le MR. En somme, le gouvernement Di Rupo ne fait pas mieux que le président Hollande en France. Il a même réussi le pari du président français : le gouvernement Di Rupo/Reynders a bel et bien changé l’évolution de la courbe du chômage puisque celui-ci repart à la hausse de manière très préoccupante.

Ce ne sont pas les quelques petites mesures, tout récemment adoptées – juste à la veille du scrutin électoral – pour soutenir l’un ou l’autre secteur d’activité économique qui permettront de remettre la Belgique sur les rails de la croissance. Et pour cause : le gouvernement Di Rupo/Reynders/Milquet a fait le choix, comme d’autres gouvernements en Europe, d’une politique économique anticyclique, de la récession et de l’austérité.

Pour preuve, en un peu plus de deux ans d’exercice réel du pouvoir gouvernemental, la coalition de Monsieur Di Rupo a ponctionné plus de 22 milliards d’euros sur les revenus des citoyens et des entreprises et n’a réinjecté que deux milliards dans le soutien à l’activité économique. Ce seul déséquilibre explique pourquoi la croissance économique n’est pas au rendez-vous dans notre pays et qu’en conséquence, le chômage repart à la hausse et que les faillites et fermetures d’entreprise s’accumulent. Monsieur Di Rupo, comme la plupart des dirigeants européens, a rejoint le club très select mais très irresponsable de ceux que Paul Krugman, prix Nobel d’économie, qualifie d’austériens.

Certes, pour faire face à la crise financière de 2009-2010, l’Union européenne et singulièrement la BCE ont exigé une maîtrise des déficits publics afin de rétablir la confiance des marchés. Sans doute, l’Union européenne a-t-elle été trop marquée par la situation singulière de la Grèce qu’il ne convenait pourtant pas de généraliser à toute l’Europe. Si l’Union européenne était tenue de rétablir la confiance dans un premier temps, il ne lui est pas interdit de desserrer l’étau de la contrainte budgétaire pour donner aux Etats les moyens d’une politique économique plus expansionniste. Les Etats-Unis, le Japon et des pays émergents connaissent des taux d’endettement et des taux de déficit budgétaire bien plus élevés que ceux de la plupart des pays européens.

Il n’est aucune raison pour que les Etats de l’Union européenne se privent des leviers budgétaires pour mener une politique économique, telle que le préconise, à juste titre, le courant des néo-keynésiens réunis autour de Joseph Stiglitz, de Christina Robert et de Paul Krugman.

La maîtrise de la dépense publique est nécessaire mais il s’agit davantage de l’orienter pour soutenir la croissance économique que d’imposer une austérité qui conduit à la récession. Le gouvernement Di Rupo n’a pas fait ce choix pas plus qu’il ne s’est engagé sur la voie d’une réforme fiscale sans laquelle il n’y aura pas de réelle ambition économique, ni sur celle de la réforme de la sécurité sociale sans laquelle la protection sociale risque de se réduire comme une peau de chagrin.

En somme, comme le dit souvent Bernard Clerfayt, la seule vision économique du gouvernement Di Rupo est d’attendre que l’économie belge soit entraînée par la croissance économique de l’Allemagne alors que celle-ci commence à s’essouffler et que le choix de ses partenaires économiques pourrait être réorienté au détriment même de ses alliés européens.

Le passéisme du gouvernement Di Rupo face aux indispensables réformes ne prépare pas le pays à assumer les lourdes charges qui l’attendent et qui résultent de l’évolution de la démographie, du vieillissement de la population et du coût croissant des charges qui pèsent sur l’activité économique (coût du travail, coût de l’énergie, coût dû à la mobilité).

Les partis de pouvoir, PS et MR en tête, ont épuisé et vidé de sens le débat politique en imposant leurs clichés surannés. D’un côté, le PS défenseur d’un service public qu’il ne veut pas moderniser et rendre plus efficace parce qu’il se l’est approprié de manière exclusive. De l’autre, le MR pour qui toute dépense publique est suspecte et qui croit que la seule loi du marché rétablira la croissance économique. PS et MR ne sont en définitive que les adeptes de l’idéologie de l’impuissance.

La longue crise qui a précédé la formation du gouvernement Di Rupo nous a appris une chose essentielle : ce pays tient encore debout non par la volonté des politiques mais par le dynamisme des forces créatrices qui en préservent les atouts économiques. Terrible leçon de modestie pour tous les vaniteux qui affirment qu’ils ont sauvé la stabilité du pays alors que par la 6ème réforme de l’Etat, ils le précipitent sur la voie périlleuse du confédéralisme.

Plus préoccupés de satisfaire aux exigences nationalistes de la Flandre, en scindant BHV, en régionalisant des pans entiers de la sécurité sociale et en portant atteinte à la solidarité interpersonnelle, le gouvernement Di Rupo n’a pas eu le courage d’affronter les vrais enjeux économiques :
- Comment seront financés demain les régimes de retraite ?
- Comment préserver la confiance de celles et ceux qui, malgré des longues périodes de travail, ne perçoivent que des revenus modestes, voire nettement insuffisants ?
- Comment arrêter la montée préoccupante de la pauvreté et de la précarité qui affecte même les familles qui travaillent ?
- Comment réduire la dette environnementale à charge des générations futures ?
- Comment donner un projet de vie aux jeunes qui, même lorsqu’ils sont formés et bien formés, n’ont pas de perspective sur le marché de l’emploi ?
- Comment relancer l’ascenseur social de l’enseignement et de la formation, seule chance de réussite pour tous les jeunes qui ne sont pas issus de familles nanties ?
- Comment éviter l’exclusion terrible des personnes âgées et isolées dont l’horizon de vie se rétrécit parce que l’égoïsme est devenu la mesure de la réussite personnelle ?
- Comment tenir en échec la montée des radicalismes religieux et des endoctrinements obscurantistes qui menacent la cohésion de notre société et l’Etat de droit ?

Alors oui, nous sommes lassés d’entendre ceux qui se targuent de s’occuper des vrais problèmes alors que, par leurs choix politiques et institutionnels, ils ont donné tous les arguments à la NVA pour s’imposer au nord du pays. Le gouvernement Di Rupo ne s’est pas attaqué aux vrais défis sociaux et économiques, il a surfé sur la communication de l’illusion et de l’éphémère.

Un fait récent démontre toute l’hypocrisie de ces partis associés au gouvernement Di Rupo. Il y a peu, l’association des CPAS de Wallonie a interpellé les présidents de parti francophone sur l’évolution préoccupante de la pauvreté à laquelle les CPAS doivent faire face. Cette réalité est commune aux trois Régions du pays. Et on a vu les présidents des quatre partis francophones traditionnels, en ce compris la co-présidente d’Ecolo, se livrer à un exercice d’hypocrisie sans nom. Ils ont pris des mines de circonstance, faussement attristés et préoccupés, ils ont juré qu’ils ne pourraient pas laisser la situation s’empirer. Leur hypocrisie est révoltante. Ils sont responsables des choix politiques qui conduisent à un tel transfert de charges de l’Etat fédéral vers les communes et les CPAS.

C’est la réforme de l’Etat, à laquelle Ecolo a participé, qui fera que demain nombre de familles et de personnes âgées ne bénéficieront plus des mêmes aides personnalisées, que le montant des allocations de chômage sera revu à la baisse car les moyens budgétaires transférés ne couvrent pas la totalité des dépenses à assumer par les régions, que les services d’aide aux personnes et les soins de santé ne seront plus financés à la même hauteur que par le passé.

La 6ème réforme de l’Etat est antisociale.

Dans tous les secteurs d’activité concernés par cette réforme de l’Etat, la crainte est réelle mais la peur est tue parce qu’il y a un faux consensus politique pour faire croire que cette réforme de l’Etat se fait dans l’intérêt des citoyens. Rien n’est plus faux. De même, les CPAS s’émeuvent à juste titre de la charge budgétaire qu’ils devront assumer pour verser les revenus d’intégration sociale à tous les chômeurs qui ne bénéficieront plus de leurs allocations de chômage.

Et les présidents de parti francophone de s’en émouvoir mais qui a décidé la mesure d’exclusion du chômage de dizaines de milliers de personnes sans emploi, si ce n’est les même partis associés au gouvernement de Monsieur Di Rupo.

Et comble de l’écœurement : j’ai entendu le premier ministre, de sa voix suave et faussement rassurante, prétendre que le fédéral assumera toutes les conséquences budgétaires de ce transfert de charge vers les CPAS. Mais de qui se moque-t-il ? Quand on sait que le gouvernement Di Rupo escompte une économie budgétaire de quelque 800 millions en exécution de cette mesure d’exclusion du chômage, comment croire que les quelque 15 millions accordés à tous les CPAS du pays viendront compenser la charge budgétaire que ceux-ci devront assumer. Monsieur Di Rupo : la tromperie est peut-être un art en politique mais elle n’est pas une politique digne d’un gouvernement.

La vérité devient de plus en plus pénible : les réformes institutionnelles successives ne visent pas à rendre plus efficace la gestion publique du pays mais uniquement à faire porter par d’autres niveaux de pouvoir la charge des problèmes qui n’ont pas été traités au niveau fédéral. Demain, les Régions et Communautés, et particulièrement la Wallonie et Bruxelles, seront confrontées à des moments plus difficiles et à des choix plus cruciaux tant les contraintes budgétaires seront lourdes à assumer.

En réponse à l’échec des politiques menées par les partis qui se partagent le pouvoir depuis tant de décennies, nous refusons que les citoyens subissent davantage la fatalité d’une crise qui révèle le manque de volonté des politiques de rétablir l’autorité de l’Etat face à certains décideurs économiques et financiers.

Il y a en Europe, comme dans notre pays et dans chacune de ses Régions, des forces créatrices exceptionnelles, des femmes et des hommes dont la générosité et l’inventivité donnent encore un sens au progrès collectif et individuel. Les ressources humaines dans notre pays comme dans le reste de l’Europe sont immenses mais les responsables politiques semblent avoir renoncé à tout leadership pour conduire l’action collective sans laquelle il ne peut y avoir de prospérité réellement partagée et de bien-être également réparti.

Il y a une formidable attente des peuples et citoyens européens pour que l’Europe reprenne sa marche en avant pour rayonner dans le monde. Pour paraphraser une formule d’André Malraux qui parlait de la France, l’Europe n’est grande que lorsqu’elle parle au reste du monde.

Les FDF sont des fédéralistes européens, dans la lignée des hommes d’Etat qui ont voulu l’Europe pour qu’elle puisse continuer à donner le meilleur d’elle-même à tous les peuples qui la regardent avec admiration. Fédérer veut dire rassembler, être plus fort ensemble que séparés. Les plus grandes réussites industrielles et scientifiques de l’Europe sont celles qui sont nées de la volonté commune. Les institutions politiques européennes devraient davantage mettre en valeur ces réussites communes.

Notre parti a fait le choix, une fois de plus innovateur, de placer en tête de la liste de ses candidats au Parlement européen, une femme venant d’un pays qui connaît l’importance et la nécessité de l’Europe pour avoir trop subi le poids du communisme stalinien.

Nous sommes heureux et fiers que Madame Cristina Coteanu ait accepté de relever ce défi. Nous donnons ainsi le signal que nous voulons l’Europe par l’adhésion des citoyens. Les citoyens européens doivent se réapproprier le débat politique européen et choisir leurs dirigeants.

Ni Monsieur Van Rompuy ni Monsieur Barroso ne portent à suffisance l’idéal de l’Europe. Ils se sont résignés à n’être que les notaires du plus petit commun dénominateur entre les Etats. Il nous faut à nouveau des faiseurs d’Europe, plus audacieux, plus prospectifs et plus imaginatifs. On ne demande pas à l’Europe de se contenter de la politique du possible mais, au contraire, de tendre à l’impossible car c’est la condition même de son avenir, de sa prospérité et de son rayonnement. Les FDF ont cet enthousiasme européen chevillé au cœur parce qu’ils considèrent que l’Europe est une patrie en devenir.

« Agir pour que l’avenir vous appartienne », tel est l’engagement des FDF. Les citoyens sont fatigués de subir la loi du plus fort, de la puissance financière, l’arbitraire politique, la discrimination voulue notamment par les nationalistes et extrémistes, l’intolérance qui nie le débat démocratique et la liberté de pensée, l’appropriation des richesses par un nombre de plus en plus restreint de privilégiés au détriment de la collectivité. Il y a une formidable attente des jeunes et des moins jeunes pour que la société retrouve le sens de la générosité, de la responsabilité, du respect mutuel et de la citoyenneté partagée.

Par ce congrès, les FDF proposent ses lignes de force et ses priorités socio-économiques pour l’avenir du pays, de la Wallonie et de Bruxelles. Résultat du travail des groupes préparatoires, les 86 propositions sont encore soumises à débat. Toutes les instances internes du parti auront encore à en débattre, même si elles font déjà l’objet d’un assez large consensus. Le conseil général du parti arrêtera définitivement le programme électoral en mars prochain.

A la lecture de ces 86 propositions, vous constaterez que nous proposons des choix clairs pour une justice fiscale qui favorise les revenus du travail et soutient la croissance, pour une politique de l’emploi qui redonne chance au plus grand nombre d’avoir accès au marché du travail, pour un volontarisme économique qui renoue avec la croissance sans laquelle il n’y a pas de prospérité partagée, pour une protection sociale réelle et efficace, pour la qualité de l’enseignement et de la formation de sorte qu’ils redeviennent l’ascenseur social pour le plus grand nombre de jeunes et d’enfants.

Nous ne faisons pas croire qu’une réforme fiscale est possible en ne faisant que des réductions d’impôts, sans procéder à des rééquilibrages entre les différents types de taxation. Ce serait tromper lourdement les électeurs et leur faire croire qu’on peut raser gratis alors que le temps des efforts est encore devant nous.

Oui, nous avons eu le courage de faire des arbitrages :
- Nous proposons de supprimer des avantages fiscaux accordés à quelques-uns pour baisser les taux d’imposition applicables à tous ;
- Nous voulons alléger la fiscalité sur les revenus du travail mais nous savons que cet avantage ne peut être accordé sans préserver les recettes de l’Etat par une imposition plus équitable.
Pour créer un véritable différentiel en faveur des revenus du travail et plus particulièrement des bas et moyens salaires, nous voulons qu’un travailleur dont le salaire est inférieur à 1.200 euros net par mois puisse, notamment par la technique de la déductibilité des charges professionnelles ou du crédit d’impôt, se voir accorder jusqu’à 100 euros de plus par mois. Et un travailleur dont le revenu est de moins de 1.800 euros net par mois pourrait gagner 30 euros de plus.
Cette mesure nécessaire pour revaloriser le travail a un coût budgétaire. Il serait trompeur d’annoncer que ce coût budgétaire ne devrait pas être compensé. Nous avons le courage de dire qu’un allègement de la fiscalité sur le travail doit être, pour partie, compensé par une maîtrise de la dépense publique et, pour partie, par une fiscalité mieux adaptée sur la consommation ou sur les revenus mobiliers. Les partis qui ne promettent que des allègements d’impôts sans dire comment ils les financeront trompent les électeurs.
- Pour soutenir l’activité des entreprises et plus particulièrement des PME et des indépendants, nous préconisons que le taux de l’impôt des sociétés soit ramené à celui de la moyenne européenne, soit quelque 23 %. Mais, une nouvelle fois, il ne s’agit pas de promettre un tel avantage fiscal sans savoir comment on peut le financer. Les intérêts notionnels sont en débat. Il n’est pas vrai qu’on pourra et maintenir les intérêts notionnels et diminuer le taux d’imposition à l’impôt des sociétés. Il faut faire un choix, nous optons clairement pour l’allègement de la pression fiscale sur l’activité économique car cette voie-là est bénéfique à toutes les entreprises sans distinction.

 Nos propositions en matière fiscale sont inspirées d’une volonté d’équité et de justice : une plus grande liberté de choix laissée au contribuable quant à l’affectation de ses revenus. Un plus grand soutien à l’activité économique, une plus grande valorisation des revenus du travail, une orientation de l’épargne vers l’économie réelle et non la spéculation.

Une fiscalité bien pensée doit trouver l’équilibre entre la préservation des revenus du travail et la juste répartition de la contribution sur l’ensemble des revenus, la sécurité juridique sur le long terme et la nécessaire adaptation de l’imposition pour forcer les changements de comportements qui dilapident les ressources naturelles.

Nos propositions sont fortes et novatrices et préservent le rôle de l’Etat dont le financement par l’impôt doit lui permettre de mener une politique de répartition des richesses sans laquelle il n’y a pas de cohésion sociale. Le citoyen consent à l’impôt si il est perçu de manière juste, à charge de tous les revenus, équitable, sans régimes préférentiels, efficace, en réduisant au maximum les possibilités de fraudes, et affecté à une dépense publique maîtrisée et utile à la collectivité. Les propositions de réforme fiscale présentées par les FDF visent à réaliser ces objectifs.

Les FDF sont aussi audacieux pour repenser la sécurité sociale et la moderniser. L’antagonisme classique entre la gauche qui ne prétend que défendre les droits acquis et la droite qui veut privatiser est un mauvais débat qui aura à terme une seule conséquence : l’affaiblissement définitif de la protection sociale qui demeure un des grands avantages de l’Europe et qui préserve la dignité humaine des centaines de millions d’Européens.

Force est de constater que la sécurité sociale, telle que conçue au lendemain de la Seconde Guerre mondiale présente aujourd’hui des lacunes, et que ce filet de sécurité ne protège plus tous les citoyens confrontés à la montée préoccupante de la pauvreté dans toute l’Europe.

Il faut donc avoir le courage de moderniser la sécurité sociale. La force de travail ne peut plus être la seule contributive à son financement et les prestations doivent être adaptées, notamment pour tenir compte du vieillissement de la population.

Il faut avoir le courage de dire qu’on ne pourra pas préserver une haute protection sociale en Europe s’il n’y a pas un allongement du temps de travail. Ce n’est pas la menace d’une régression sociale, c’est au contraire l’exigence d’un nouveau progrès social. C’est une évolution majeure que nous devons préparer à moyen terme, c’est-à-dire à délai de dix ans. Ne pas avoir le courage de préparer dès maintenant cette évolution, c’est condamner la génération de nos enfants et petits-enfants à connaître à l’âge de la retraite, les conditions d’une précarité, voire d’une pauvreté, inacceptables. C’est être responsable que de vouloir réformer la sécurité sociale pour en pérenniser les avantages sur le long terme.

Aujourd’hui, en Belgique comme dans la plupart des pays européens, les régimes de sécurité sociale se singularisent par une très grande différenciation des prestations, selon la nature du travail assumé (salariés, fonctionnaires, indépendants,…) ou selon la nature des revenus. Cette grande amplitude des prestations sociales crée des inégalités de traitement entre les bénéficiaires et, plus grave encore, laisse un nombre croissant de citoyens sans aucune protection sociale.

Nous voulons repenser la sécurité sociale pour la refonder sur des principes essentiels de sorte qu’elle soit protectrice de tous les citoyens :
- Tous les revenus doivent contribuer au financement de la sécurité sociale car tous les titulaires de ces revenus en sont bénéficiaires d’une manière ou d’une autre ;
- L’individualisation des droits renforce l’égalité de traitement et évite les pièges dus aux aléas de la vie (recomposition des familles, changement d’état civil personnel, changement dans la vie professionnelle, etc.) ;
- Le maintien de la liberté du citoyen de choisir ses prestataires de services ;
- L’égal accès à des services de qualité, singulièrement pour tout le régime des soins de santé ;
- La préservation de l’autonomie de la personne, tout au long de sa vie, et l’exigence d’assumer des responsabilités à l’égard de la société quand on bénéficie de sa protection.

Ce sens des responsabilités ne vise pas à soumettre le bénéficiaire d’une prestation sociale à quelque contrainte disproportionnée mais à lui redonner toute sa chance d’assumer pleinement son destin personnel car c’est la condition même de l’estime que chaque être humain doit avoir de lui-même.

Avec une telle volonté et une telle ambition, les FDF redonnent à la sécurité sociale toute sa signification et toute sa force. Notre libéralisme social est tout autant le refus de l’égoïsme et de l’exclusion que celui du profitariat et de l’abus. En somme, il faut réhabiliter l’autorité de l’Etat pour que la justice sociale puisse être pleinement assumée.

Mesdames, Messieurs,
Chères amies, chers amis,

À l’énoncé des ces propositions et de ces valeurs qui nous animent, vous constaterez que les FDF ne seront jamais dans le camp des résignés et des défaitistes. Subir la fatalité revient à accepter la volonté de ceux qui veulent vous dominer. Cela n’a jamais été notre choix. Au contraire, notre parti est né de la volonté de femmes et d’hommes libres, pour nombre d’entre eux issus du monde académique, qui refusaient de se soumettre à l’arbitraire que tout nationalisme impose.

J’ai pour habitude de dire que nous combattons le nationalisme flamand pas parce qu’il est flamand mais parce que le nationalisme est cette idéologie porteuse d’anéantissement par l’égoïsme et l’intolérance. Certes, il y a des mouvements d’émancipation nationale qui sont éminemment respectables. Il y en a au Québec, en Catalogne, au Jura, au Val d’Aoste et dans d’autres régions d’Europe mais ces mouvements sont nés d’une opposition à des régimes autoritaires ou discriminatoires à l’égard des peuples.

Le mouvement flamand a eu sa raison d’être, notamment sur le plan social mais, aujourd’hui, le nationalisme d’une partie de la Flandre est un égoïsme économique et social. C’est l’égoïsme d’une région riche qui ne veut pas partager sa prospérité et qui ne veut plus assumer ses obligations de solidarité. Comme le rappelle à juste titre le professeur Quévit, cette Flandre-là a pourtant bénéficié, pendant des décennies, de la prospérité de la Wallonie.

Nous saluons le courage des milieux intellectuels et culturels flamands qui tiennent tête à ce nationalisme. Nous disons notre admiration à Guy Verhofstadt qui ose comparer la NVA au parti de Geert Wilders au Pays-Bas ou au FN de Marine Le Pen. C’est d’autant plus courageux de la part de l’ancien Premier ministre qu’au sein du MR, son alter ego francophone, tous les dirigeants n’ont pas la même volonté ni la même lucidité.

Les FDF sont les seuls à tenir un langage clair à l’égard de la NVA : la NVA n’est pas un partenaire acceptable parce que son idéologie nationaliste est la négation même de la conception de l’avenir de l’Europe et des nécessaires solidarités dans notre pays comme sur tout le continent européen. Les ambitions personnelles ou les intérêts partisans ne peuvent jamais justifier le choix du pire car ce choix se fera toujours au détriment des citoyens.

Chères amies, chers amis,

Les FDF sont des femmes et des hommes de conviction et de parole. Nous avons le courage de dire à quelle menace ce pays est confronté et à ne pas endormir les consciences par des promesses faussement rassurantes.

Les Wallons et les Bruxellois ressentent l’impérieuse nécessité d’affirmer leur région et leur unité pour tenir en échec le perpétuel chantage du nationalisme flamand. Les FDF ne feront jamais le choix de l’abandon des responsabilités alors qu’il y a péril en la demeure.

Les FDF comptent dans leurs rangs des femmes et des hommes d’expérience qui ont faire leurs preuves dans la gestion publique de manière intègre et efficace.

Didier Gosuin est notre candidat à la fonction de ministre-président de la Région bruxelloise. Avec toutes les candidates et tous les candidats FDF au Parlement régional, il dirige une équipe volontaire et soudée. Les FDF sont respectueux des institutions et ils se présentent devant les électeurs de la Région bruxelloise, là où ils veulent assumer des responsabilités. Il y a enfin une volonté qui réunit Didier Reynders et Joëlle Milquet, ce couple infernal qui s’aime tant : l’un comme l’autre prétendent être élus dans une assemblée parlementaire devant laquelle ils ne veulent pas être responsables. L’une ne rêve qu’à redevenir première ministre d’un gouvernement fédéral et l’autre qu’un ministre-président d’un gouvernement bruxellois. Et pourtant, l’un comme l’autre n’auront pas eu les suffrages des électeurs pour assumer ces responsabilités. Quel mépris de la démocratie.

Comme l’a dit justement Didier Gosuin au quotidien le Soir de ce week-end, la bataille de Bruxelles est engagée. Ne vous y trompez pas. La NVA est aux portes de Bruxelles et Bruxelles est menacée comme Région à part entière. Ne faites pas confiance à ces partis politiques qui vont de reculade en reculade, croyant gagner la course de vitesse contre le séparatisme alors qu’ils ne font que la précipiter. Le moment est venu de redresser la tête, pour assumer notre avenir de Bruxellois en toute liberté, pour que Bruxelles vous appartienne.

Et les FDF sont en Wallonie parce que les Wallons savent que sans un changement radical de la gestion publique à laquelle aucun des quatre partis traditionnels n’a jamais contribué ; la Wallonie ne pourra pas pleinement se redéployer économiquement. Nous avons besoin d’une Wallonie prospère. Il y a en Wallonie tant de forces vives qui aspirent au changement des mentalités pour que leur région redeviendra ce qu’elle a toujours été : une terre de créativité et de générosité.

Oui, la Wallonie et Bruxelles peuvent prétendre à un autre avenir. Cet avenir dépend de la volonté des Wallons et des Bruxellois. Là où tant de dirigeants politiques ont failli et se sont résignés, les FDF invitent les Wallons et les Bruxellois à ne pas renoncer.

Le 25 mai, Wallons et Bruxellois, décidez que l’avenir vous appartient !

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